9e cycle de négociation du TAFTA : l’UE prête à brader son agriculture

Veille, par Lucile

Alors que la contestation ne faiblit pas en Europe et qu’elle décolle aux États-Unis, le lundi 20 avril a démarré le neuvième cycle de négociation de l’accord transatlantique TAFTA.

Dans une note du gouvernement allemand à ses ambassades, fuitée en fin de semaine dernière par un euro-député, on apprend que les négociateurs de l’UE [1] ont pour stratégie de brader l’agriculture européenne, avec pour but d’obtenir une plus grande ouverture des marchés publics américains.

L’ouverture des marchés agricoles, contre laquelle les paysans sont vent-debout, renforcerait la pression à la baisse sur les prix, la fuite en avant vers toujours plus d’industrialisation, la disparition de très nombreuses fermes et la dégradation générale de notre alimentation. L’agriculture industrielle que les négociateurs du TAFTA visent à renforcer est également responsable de près de 30% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

L’ouverture des marchés publics américains, à laquelle s’opposent de nombreuses organisations de la société civile, va à contre courant de la nécessaire relocalisation de nos économies. Les marchés publics sont les outils privilégiés des pouvoirs publics locaux pour organiser l’économie sur leur territoire, et y favoriser la transition écologique et sociale.

Accès aux marchés agricoles de l’UE pour les géants de l’agro-industrie américaine d’un côté, accès aux marchés publics locaux américains pour nos grandes entreprises de l’autre : c’est bien un pacte perdant-perdant pour les peuples et le climat que les négociateurs semblent rechercher. Un nouvel exemple de folie libre-échangiste.

Notes

[1La commission européenne, avec le soutien des États membres, dont la France

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L’actualité des accords de libre échange vue et commentée par Attac, l’Aitec et leurs partenaires. Veille, analyses et questions-réponses pour détricoter la complexité des politiques commerciales et renforcer nos luttes.

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