CETA : décryptage d’une semaine de rebondissements.

Veille, par Alexis Chaussalet

Jusqu’alors inconnu du grand public, Paul Magnette Ministre-Président de Wallonie, s’est distingué ces dernières semaines par son opposition à la ratification du CETA.

Contraint d’avoir l’aval de ses parlements régionaux, le gouvernement belge s’est en effet confronté à l’opposition de trois entités dans son pays : la région de « Bruxelles-capitale », la « communauté francophone » et le parlement wallon. Après avoir affirmé leurs oppositions ces trois entités ont forcé au report du sommet UE – Canada, prévu de longue date le 27 octobre. Ce report est une vraie victoire pour la société civile, retrouvez la réaction du collectif Stop TAFTA.

Craignant la mort du CETA, et soucieux de trouver une solution rapide pour éviter la cristallisation des contestations, la Commission européenne et le gouvernement canadien ont dégainé leur meilleurs atouts pour parer à cette situation : pleurs en direct de la ministre canadienne du commerce [1], pressions sur le parlement wallon [2], etc. Le gouvernement belge a été enjoint de réunir les opposants autour de la table et de trouver une « sortie de crise » rapide. Après plus de 24 heures de négociations, une déclaration « intra-belge » a été publiée venant – soit disant – répondre à l’ensemble des inquiétudes des opposants.

Loin de ce discours idéal, l’analyse de l’AITEC revient sur les prétendues avancées obtenues et nous montre une autre réalité : la portée et la dangerosité du texte sont toujours les mêmes. Les déclarations interprétatives s’accumulent mais la nature du texte demeure : un patchwork de mesures conçues au services des multinationales et des groupes d’intérêt.

Finalement, les ministres des 28 ont approuvé le traité en pleine nuit du vendredi 28, afin que le sommet UE – Canada puisse avoir lieu à la va vite le dimanche 30 octobre .

Les prochaines étapes qui s’ouvrent devant nous sont déterminantes. Le 5 décembre interviendra le vote de la commission INTA (commerce) de l’Union Européenne, avant vote plénier dans la semaine du 21 février 2017. Il faut désormais faire pression sur le Parlement Européen et continuer à ouvrir le débat public dans notre pays, pour cela rendez-vous ici.

Le 15 octobre nous étions des milliers dans les rues [3], amplifions la mobilisation !
Plus que jamais, tou.te.s mobilisé.e.s contre le CETA.

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L’actualité des accords de libre échange vue et commentée par Attac, l’Aitec et leurs partenaires. Veille, analyses et questions-réponses pour détricoter la complexité des politiques commerciales et renforcer nos luttes.

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